science


science

science [ sjɑ̃s ] n. f.
• 1080; lat. scientia, de scire « savoir »
I
1Vx ou littér. Connaissance exacte et approfondie. connaissance, 2. savoir. L'arbre de la science du bien et du mal. Science de l'avenir. prescience. Savoir qqch. de science certaine, par des informations sûres (cf. De source sûre). — Mod. Loc. Avoir la science infuse.
(1225) Littér. Ensemble de connaissances, d'expériences. « Son âge, sa sagesse et sa science dans les choses de la vie » (Chateaubriand). « Il faut déjà une science profonde pour comprendre que les passions [...] dépendent des mouvements du corps » (Alain).
2(escience 1119) Ce qu'on sait pour l'avoir appris, connaissances étendues sur un objet d'étude d'intérêt général. 2. culture, érudition. « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme » (Rabelais). Un puits de science. Étaler sa science.
IILittér.
1(XIIe) Savoir-faire que donnent les connaissances (expérimentales ou livresques), l'habileté. art; 2. adresse, capacité, compétence, expérience. « Il avait vraiment mené cette longue et difficile manœuvre avec une science consommée » (Madelin). PROV. Patience passe science : la persévérance fait plus que l'habileté et le savoir. — (Avec un compl. déterm.) Manière habile et savante de mettre en œuvre. Sa science des couleurs, du modelé.
2(XVe) Art ou pratique qui nécessite des connaissances, des règles. art, technique. La science de la guerre. « Elle sut tout de suite toute la science du chapeau, de la robe, du mantelet, cette science qui fait de la femme parisienne quelque chose de si charmant » (Hugo).
IIIMod. A ♦ UNE, LES SCIENCES.
1(XIIIe) Didact. Corps de connaissances ayant un objet déterminé et reconnu, et une méthode propre; domaine organisé du savoir. « Il n'y a de science que du général » (trad. Aristote). L'Encyclopédie de Diderot, « Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers ». « La science de l'homme est devenue la plus nécessaire de toutes les sciences » (Carrel). Science de l'être (ontologie), du beau (esthétique). philosophie. Sciences abstraites. Sciences occultes : occultisme.
2(1751) Cour. Ensemble de connaissances, d'études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondées sur des relations objectives vérifiables ( épistémologie). Un homme de science (opposé à homme de lettres) . savant, scientifique. « La Physique, comme toutes les autres sciences, cherche à constater, à classer et à interpréter une certaine catégorie de phénomènes observables » (Broglie). Classement des sciences d'après leur méthode et leur objet. Sciences exactes ou pures, sciences fondamentales. Sciences expérimentales, où l'objet d'étude est soumis à l'expérience. Sciences d'observation, où l'objet d'étude n'est que décrit, observé. Sciences appliquées, au service de la technique. Sciences cognitives. Sciences hypothéticodéductives. Sciences mathématiques. Sciences physiques. Sciences naturelles : sciences d'observation qui étudient les êtres vivants et les corps dans la nature. ⇒ histoire (naturelle); botanique, géologie, minéralogie, zoologie. Sciences de la vie. biologie. Sciences dures, utilisant le calcul ou l'expérimentation. Sciences de l'homme, sciences humaines, qui étudient l'homme (ex. anthropologie, histoire, psychologie, sociologie, linguistique; dans l'enseignement secondaire : histoire, géographie, instruction civique). Sciences sociales, qui ont pour objet les sociétés humaines. Sciences politiques. Sciences économiques. Sciences de gestion, qui ont pour objet l'entreprise et ses fonctions (marketing, finance, logistique, ressources humaines, etc.).
(1787) LES SCIENCES : les disciplines où le calcul, l'observation ont une grande part : mathématiques, astronomie, physique, chimie, sciences naturelles ( savant, scientifique) . « Les sciences, séparées des lettres, demeurent machinales et brutes, et les lettres, privées des sciences, sont creuses » (France). Faculté des sciences. Étudiante en sciences. Doctorat ès sciences.
B ♦ LA SCIENCE.
1Ensemble des travaux des sciences; connaissance exacte, universelle et vérifiable exprimée par des lois. « La science [...] mesure et calcule, en vue de prévoir et d'agir. Elle suppose d'abord, elle constate ensuite que l'univers est régi par des lois mathématiques » (Bergson). « On fait de la science avec des faits, comme on fait une maison avec des pierres; mais une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison » ( Poincaré). « La pensée ne revêt le caractère de la science que lorsqu'elle a une valeur universelle » (Goblot). Les branches, les spécialités de la science. discipline. Les découvertes, les progrès de la science moderne. Dans l'état actuel de la science. « La science n'a pas de patrie » (Pasteur).
2Les savants. Le monde de la science.
⊗ CONTR. (des sens I et II) Ignorance, maladresse.

science nom féminin (latin scientia, de scire, savoir) Ensemble cohérent de connaissances relatives à certaines catégories de faits, d'objets ou de phénomènes obéissant à des lois et/ou vérifiés par les méthodes expérimentales. Chacune des branches de la connaissance, du savoir (souvent pluriel) : Les sciences mathématiques. Littéraire. Connaissance approfondie d'un domaine quelconque, acquise par la réflexion ou l'expérience : La science du cœur humain. Manière habile de mettre en œuvre des connaissances acquises dans une technique : La science des couleurs.science (citations) nom féminin (latin scientia, de scire, savoir) Théodore Agrippa d'Aubigné près de Pons, Saintonge, 1552-Genève 1630 Mais le vice n'a point pour mère la science, Et la vertu n'est pas fille de l'ignorance. Les Tragiques Jean Antoine de Baïf Venise 1532-Paris 1589 […] Ô trop vaine science, qui ne pourrait donner à l'amour guérison ! Les Amours de Francine Georges Braque Argenteuil 1882-Paris 1963 L'art est fait pour troubler. La science rassure. Le Jour et la Nuit Gallimard Georges Cabanis Cosnac, Corrèze, 1757-Rueil, commune de Seraincourt, Val-d'Oise, 1808 La physiologie, l'analyse des idées et la morale, ne sont que les trois branches d'une seule et même science, qui peut s'appeler, à juste titre, la science de l'homme. Rapports du physique et du moral de l'homme Jean Cavaillès Saint-Maixent 1903-Arras 1944 Une théorie de la science ne peut être que théorie de l'unité de la science. Sur la logique et la théorie de la science P.U.F. Auguste Comte Montpellier 1798-Paris 1857 On ne connaît pas complètement une science tant qu'on n'en sait pas l'histoire. Cours de philosophie positive Auguste Comte Montpellier 1798-Paris 1857 La principale fonction de l'Art est de construire des types sur la base fournie par la Science. Système de politique positive Georges Duhamel Paris 1884-Valmondois, Val-d'Oise, 1966 Académie française, 1935 La science est comme une maladie, — une maladie qui progresse en transformant le monde et en le dévorant aussi. Les Maîtres Mercure de France Anatole François Thibault, dit Anatole France Paris 1844-La Béchellerie, Saint-Cyr-sur-Loire, 1924 Académie française, 1896 Si la science un jour règne seule, les hommes crédules n'auront plus que des crédulités scientifiques. La Vie littéraire Calmann-Lévy Numa Denis Fustel de Coulanges Paris 1830-Massy 1889 [L'histoire] n'est pas un art. Elle est une science pure. La Monarchie française Joseph Arthur, comte de Gobineau Ville-d'Avray 1816-Turin 1882 À chaque époque, [la science] voudrait dévorer une vérité qui la gêne. Essai sur l'inégalité des races humaines Jules Huot de Goncourt Paris 1830-Paris 1870 et Edmond Huot de Goncourt Nancy 1822-Champrosay, Essonne, 1896 La statistique est la première des sciences inexactes. Journal Fasquelle Victor Hugo Besançon 1802-Paris 1885 Les sciences sont des fouilles faites dans Dieu. Fragments Pierre Lecomte du Noüy Paris 1883-New York 1947 Le but de la science est de prévoir et non, comme on l'a dit souvent, de comprendre. L'Homme et sa destinée La Colombe Nicolas Malebranche Paris 1638-Paris 1715 De toutes les sciences humaines, la science de l'homme est la plus digne de l'homme. De la recherche de la vérité Stéphane Mallarmé Paris 1842-Valvins, Seine-et-Marne, 1898 La Science ayant dans le Langage trouvé une confirmation d'elle-même, doit maintenant devenir une confirmation du Langage. Proses diverses, Notes Michel Eyquem de Montaigne château de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1533-château de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1592 Je voudrais aussi qu'on fût soigneux de lui choisir un conducteur qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine, et qu'on y requît tous les deux, mais plus les mœurs et l'entendement que la science. Essais, I, 26 à l'enfant précepteur Commentaire Cette image, l'une des plus connues des Essais, est généralement citée à tort et appliquée à l'élève, non au précepteur. Elle était courante au XVIe siècle ; on la trouve, entre autres chez Henri Estienne dans son Apologie pour Hérodote. Charles Nodier Besançon 1780-Paris 1844 Académie française, 1833 La science consiste à oublier ce qu'on croit savoir, et la sagesse à ne pas s'en soucier. Léviathan le Long Louis Pasteur Dole 1822-Villeneuve-l'Étang, Marnes-la-Coquette, 1895 La science n'a pas de patrie. Discours d'inauguration de l'Institut Pasteur, 14 novembre 1888 Henri Poincaré Nancy 1854-Paris 1912 Académie française, 1908 Il ne peut pas y avoir de morale scientifique ; mais il ne peut pas non plus y avoir de science immorale. Dernières Pensées Flammarion Henri Poincaré Nancy 1854-Paris 1912 Académie française, 1908 La liberté est pour la Science ce que l'air est pour l'animal. Dernières Pensées Flammarion Henri Poincaré Nancy 1854-Paris 1912 Académie française, 1908 Une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison. La Science et l'hypothèse Flammarion François Rabelais La Devinière, près de Chinon, vers 1494-Paris 1553 Parce que, selon le sage Salomon, sapience n'entre point en âme malivole et science sans conscience n'est que ruine de l'âme. Pantagruel, 8 sagesse de mauvaise volonté Ernest Renan Tréguier 1823-Paris 1892 Le grand œuvre s'accomplira par la science, non par la démocratie. Dialogues et fragments philosophiques, III, Rêves Lévy Ernest Renan Tréguier 1823-Paris 1892 […] les sciences historiques, petites sciences conjecturales, qui se défont sans cesse après s'être faites […]. Souvenirs d'enfance et de jeunesse, IV, le Séminaire d'Issy Lévy Paul Valéry Sète 1871-Paris 1945 Il faut n'appeler Science que l'ensemble des recettes qui réussissent toujours. Tout le reste est littérature. Moralités Gallimard Sénèque, en latin Lucius Annaeus Seneca, dit Sénèque le Philosophe Cordoue vers 4 avant J.-C.-65 après J.-C. De là ce cri du plus grand des médecins : la vie est courte, longue est la science. Inde illa maximi medicorum exclamatio est : vitam brevem esse, longam artem. De la brièveté de la vie, 1 Hippocrate Aristote Stagire 384-Chalcis 322 avant J.-C. Le commencement de toutes les sciences, c'est l'étonnement de ce que les choses sont ce qu'elles sont. Métaphysique, I, 2 (traduction J. Tricot) Otto, prince von Bismarck ou, plus précisément, von Bismarck-Schönhausen Schönhausen 1815-Friedrichsruh 1898 La politique n'est pas une science exacte. Die Politik ist keine exakte Wissenschaft. Commentaire C'était une des expressions favorites de Bismarck, qui l'employa souvent avec des variantes, comme dans ce discours de 1884 où il affirmait : « La politique n'est pas une science comme se l'imaginent beaucoup de professeurs, mais un art. » Edgar Allan Poe Boston 1809-Baltimore 1849 Ce n'est pas dans la science qu'est le bonheur, mais dans l'acquisition de la science. Ah ! not in knowledge is happiness but in the acquisition of knowledge. Tales of the Grotesque and Arabesque, The Power of Words Herbert Spencer Derby 1820-Brighton 1903 La science est du savoir organisé. Science is organized knowledge. Education, 2 Lev [en français Léon] Nikolaïevitch, comte Tolstoï Iasnaïa Poliana, gouvernement de Toula, 1828-Astapovo, gouvernement de Riazan, 1910 Nous ne savons rien. Le seul espoir de savoir, c'est de savoir tous ensemble, c'est de fondre toutes les classes dans le savoir et la science. Carnet, 28 mars 1861 science (expressions) nom féminin (latin scientia, de scire, savoir) Homme de science, savant, chercheur.

science
n. f.
rI./r
d1./d Vx ou litt. (ou loc. figées) Connaissance que l'on a d'une chose. La science du bien et du mal.
|| Plaisant Avoir la science infuse: prétendre tout connaître sans avoir étudié.
d2./d Savoir, ensemble de connaissances que l'on acquiert par l'étude, l'expérience, l'observation, etc. Cet homme est un puits de science.
d3./d Litt. Savoir-faire. La science d'un peintre.
rII./r
d1./d Ensemble, système de connaissances sur une matière précise, constituées et articulées par déduction logique et susceptibles d'être vérifiées par l'expérience.
|| Les sciences exactes, fondées essentiellement sur le calcul et l'observation (mathématiques, physique, chimie, etc.).
|| Les sciences naturelles: les sciences de la vie (biologie) et les sciences de la Terre (géophysique, géologie, minéralogie, etc.).
|| Les sciences humaines: V. humain (encycl.).
|| Les sciences occultes (appelées abusivement sciences).
d2./d La science: l'activité humaine tendant à la découverte des lois qui régissent les phénomènes; l'ensemble des sciences (sens II, 1).

⇒SCIENCE, subst. fém.
I. — Littér. ou vieilli, au sing. Somme de connaissances qu'un individu possède ou peut acquérir par l'étude, la réflexion ou l'expérience.
A. — Connaissance approfondie des choses dans ce qu'elles sont. Synon. savoir2.
1. [Cette connaissance n'est pas directement rapportée à un individu particulier]
a) Courant
) [Sans spécification ni évocation dir. du domaine ou de l'objet] En politique, chacun prend parti selon sa passion et son intérêt (...); il n'y a point de science, il n'y a pas même un commencement de certitude. Aussi l'ignorance générale produit-elle la tyrannie générale (PROUDHON, Propriété, 1840, p. 199). J'ai vu de jeunes pianistes, et qui savent pourtant ce que c'est qu'apprendre, venir en foule à des cours du soir, tant il est agréable de s'emplir de science comme une cruche s'emplit d'eau (ALAIN, Propos, 1921, p. 241).
Verbe + avec science. Les grands dîners (...) où l'on parlait de mangeaille, avec science et volupté; car il n'y avait là que des connaisseurs (ROLLAND, J.-Chr., Antoinette, 1908, p. 835). « Qu'est-ce qui se vend, qu'est-ce qui ne se vend pas? » Énigme que M. Robert Ganzo (...) débrouille devant vous avec science et brio (FARGUE, Piéton Paris, 1939, p. 81).
Puits de science.
Expérience passe science (proverbe). L'expérience est supérieure à la connaissance abstraite. (BESCH. 1845, Lar. 19e-20e).
[Avec caractérisation de nature ou de degré] Science infinie, inépuisable; demi-science, fausse science; science de fraîche date, de pacotille. Un père (...) en qui il voyait une grande science accompagnée d'un raisonnement fort net et fort puissant (BREMOND, Hist. sent. relig., t. 4, 1920, p. 344). Montherlant fait penser à ces grimauds frais émoulus du collège, encore tout farcis d'une science purement livresque et mal digérée (PAULHAN, Fleurs Tarbes, 1941, p. 203).
Gaie science. V. gai I B 2.
♦ [En fonction de déterm. ou de compl. adv.] Quand je l'invitais à dîner à Balbec, il commandait le repas avec une science raffinée (PROUST, Sodome, 1922, p. 1083). Grande revue trimestrielle d'une science élevée et de haute érudition (Civilis. écr., 1939, p. 34-7).
Savoir de science certaine. Avoir sur quelque chose des informations sûres que l'on ne peut mettre en doute. Je n'aurais absolument pas pu décrire les délices ineffables dont je savais, de science certaine, qu'une âme d'élite est inondée par les aveux mutuels d'un amour vertueux (GOBINEAU, Pléiades, 1874, p. 34). Je sais, de science certaine, quelles erreurs sont pour nous séduire dans la recherche de la génération des œuvres (VALÉRY, Variété IV, 1938, p. 98). P. anal. (de formulation). Tuer des cochons, n'importe quel îlien, à la rigueur, l'eût fait, mais ils savaient comme cela, d'une science de légende, qu'on ne sabote pas ces animaux (QUEFFÉLEC, Recteur, 1944, p. 102).
) [Avec spécification du domaine ou de l'objet de connaissance] Si la science du présent leur manque, une opinion respectable (...) leur attribue la connaissance de l'avenir (OZANAM, Philos. Dante, 1838, p. 155). Étaler, à l'heure de la fin, tout un fonds de malice qui avait dormi durant la vie, toute une science de mots grossiers qu'on avait cachée (LOTI, Pêch. Isl., 1886, p. 206).
) [Avec caractérisation par référence à une catégorie de pers. possédant une telle connaissance]
Science de + subst. Si les vérités cruelles, les fâcheuses découvertes, les secrets de la société, qui composent la science d'un homme du monde parvenu à l'âge de quarante ans, avaient été connues de ce même homme à l'âge de vingt (CHAMFORT, Max. et pens., 1794, p. 30). C'est l'effet d'une science de garçon de bains ou de commis voyageur pour les tricots, de croire qu'un prophète est nécessairement, exclusivement, un voyant des choses futures (BLOY, Journal, 1900, p. 34).
Science + adj. L'Ève future de Villiers. Trop de science humaine et trop peu de science divine (BLOY, Journal, 1894, p. 116):
1. Les anciens savaient qu'Arcturus, qu'on nomme aussi le Bouvier, paraît le soir au temps des labours printaniers, et disparaît quand la saison froide et pluvieuse s'avance. Cette science paysanne s'efface. Le laboureur lit le journal.
ALAIN, Propos, 1910, p. 82.
b) THÉOL. CHRÉT.
[Avec caractérisation]
Science infuse.
Science de vision. ,,Connaissance que Dieu possède (...) par laquelle il voit ce qui existe et se fait effectivement`` (Foi t. 1 1968). Science de simple intelligence. Connaissance ,,par laquelle Dieu connaît les possibles (êtres, actes, jugements des hommes, etc.)`` (Foi t. 1 1968). Science moyenne. ,,Connaissance que Dieu aurait des libres déterminations de ses créatures, en fonction desquelles il leur donnerait ou non une grâce efficace`` (BOUYER 1963). Descartes admet la science moyenne (Théol. cath. t. 4, 1 1920, p. 1248).
[En fonction de déterm.]
Arbre de la science (du bien et du mal). Arbre du paradis terrestre dont Dieu avait défendu à Adam et Ève de cueillir les fruits. Une loi est prescrite à l'homme, qu'il ne peut observer que par obéissance pure, car elle semble un décret arbitraire du créateur: ne pas manger du fruit de l'arbre de la science (WEILL, Judaïsme, 1931, p. 108):
2. Cette mort que Dieu avait annoncée à Adam, comme sa peine inévitable, s'il mangeait du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal, est le résultat naturel de la connaissance. Les bêtes n'ont point de connaissance: aussi peut-on dire qu'elles ne connaissent pas la mort; car la mort n'existe que par la connaissance, elle est un fruit de la connaissance.
P. LEROUX, Humanité, 1840, p. 542.
Don de science. ,,Sens divin des choses humaines, des motifs humains, qui est un don du Saint-Esprit`` (Foi t. 1 1968).
c) MAR. Ligne de science. ,,Ligne courbe que l'on trace sur la carène d'un navire, pour marquer la limite supérieure du doublage en cuivre de la carène de ce navire`` (BONN.-PARIS 1859).
2. [Cette connaissance est directement rapportée à un individu particulier]
a) [Sans spécification ni évocation dir. du domaine ou de l'objet] Vos façons étant comminatoires, j'aurais refusé d'obtempérer, n'eût été votre ami, que sa science met mieux à même que vous d'apprécier la valeur des révélations que je vais vous faire (BENOIT, Atlant., 1919, p. 136). Une question de droit canon? Gabriel Le Bras intervenait, avec sa science vivante et allègre (L. FEBVRE, Bloch et Strasbourg, [1947] ds Combats, 1953, p. 399).
b) [Avec spécification du domaine ou de l'objet de connaissance] M. Brunetière a l'esprit naturellement philosophique. Sa grande science des livres et de l'histoire, en lui permettant des comparaisons perpétuelles, a développé en lui cet esprit (LEMAITRE, Contemp., 1885, p. 218). Il est curieux de voir que tous ceux qui impriment, en Comté, au XVIe siècle, paraissent avoir la coquetterie de donner quelques marques de leur science du français (L. FEBVRE, La Nationalité, [1926], ds Combats, 1953, p. 193).
c) [Avec caractérisation par recours à une catégorie de pers. possédant cette connaissance] Nous avions Lucien Loisy auprès de nous qui ne s'y trompait pas (...) et qui nous ouvrait avec gentillesse les trésors de sa science paysanne (AMBRIÈRE, Gdes vac., 1946, p. 367).
B. — Connaissance approfondie des règles et des techniques propres à une activité; p. méton. adresse, habileté dans la pratique, compétence qui résulte de cette connaissance. Synon. savoir-faire.
1. [Cette connaissance n'est pas directement rapportée à un individu particulier]
a) [Sans spécification ni évocation dir. du domaine] L'instrumentation est d'un art raffiné; mais tant de science n'alourdit point l'ouvrage (DUMESNIL, Hist. théâtre lyr., 1953, p. 207):
3. ... la porcelaine est remplacée en Europe par une céramique formée d'un mélange de divers éléments; on la nommera porcelaine tendre parce que, contrairement à la porcelaine chinoise, elle se raye au couteau. Sa fabrication exige une science et une virtuosité bien supérieures.
G. FONTAINE, Céram. fr., 1965, p. 90.
Verbe + avec science/avec une science + déterm. Un Omer astucieux rongeait l'os de veau avec science afin de détacher le vernis de graisse sublimée par la cuisson et collée en suc croustillant le long de la côtelette (ADAM, Enf. Aust., 1902, p. 8). La puissante volonté de Beethoven élit, étreint et maîtrise la forme de la fugue, avec une science presque diabolique (ROLLAND, Beethoven, t. 1, 1937, p. 290).
Patience passe science (proverbe). La patience donne plus de résultats que l'habileté et la connaissance. (Ds REY-CHANTR. Expr. 1980, s.v. patience).
b) [Avec spécification du domaine]
Science de + subst. désignant une activité ou son résultat. L'admirable chose que le « métier », le « sens artiste », la science des procédés du style, l'adresse à arranger les mots, l'art de la composition! (LEMAITRE, Contemp., 1885, p. 91). Ils se reposent comme des paysans qu'ils sont pour la plupart (...) dans une détente totale des muscles, avec cette science de l'appui qui réussit à faire supporter au sol, à la chaise, à la table, le poids total du corps (VERCEL, Cap. Conan, 1934, p. 47).
[L'activité est rapportée à un individu particulier] Le snob ne se risque pas à discourir; son grand art (...) est de composer et parer son silence; toute la science de son jeu est de ne point s'expliquer, de s'en tenir à une attitude, à une expression, à un geste, tout au plus à quelque adjectif (GAULTIER, Bovarysme, 1902, p. 88). Ce boxeur (...) qui corrige méthodiquement sa technique, ses réactions, ses réflexes, ses reparties, son doublé fulgurant, renouvelle la science de son coup de poing (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 186).
♦ [En fonction de déterm.] Metz a apporté un dessin d'un esprit, d'une furie, d'une science de dessin, d'un mouvement ou d'un heurt de lignes stupéfiants (GONCOURT, Journal, 1860, p. 772).
Science de + inf., rare. Il est tout simple que j'aie acquis la science de lire, sur les traits d'un visage et dans les attitudes, les sentiments qui déterminent les actes d'un homme (VILLIERS DE L'I.-A., Contes cruels, 1883, p. 322). Cet art d'éluder les propos graves, les confessions, les aveux, cette science de vivre heureux et avec grâce (MAURIAC, Nœud vip., 1932, p. 70).
c) [Avec caractérisation par recours à une catégorie d'agent] Vitruve: « On n'apprécie aujourd'hui qu'une seule chose: l'éclat des couleurs. La science du peintre n'y a plus de part » (HUYGHE, Dialog. avec visible, 1955, p. 206).
2. [Cette connaissance est directement rapportée à un individu particulier]
a) [Sans spécification ni évocation dir. du domaine] Les temples djaïns de l'Inde moyenne (...) expriment encore, il est vrai, malgré la science trop minutieuse de leurs décorateurs, une foi vivante (FAURE, Hist. art, 1912, p. 172). Ces coiffures majestueuses et audacieuses nous prouvent le talent, la science de nos académiciens de la coiffure (STÉPHANE, Art coiff. fém., 1932, p. 132).
b) [Avec spécification du domaine]
Science de + subst. désignant une activité ou son résultat. Il est vrai que ma profonde science de l'escrime m'assure des chances, et que mon épée est presque infaillible (GAUTIER, Fracasse, 1863, p. 471). Il fait entrer la couleur dans la pâte, l'incorpore au glacis des silicates vitrifiés, y projette (...) ses chères campagnes engraissées où fleurit sa science des ciels, des vents et des cultures (FAURE, Hist. art, 1912p. 197).
Science + adj. évoquant un domaine. Quant aux effets de ton enseignement dans les siècles à venir, je les vois par ma science prophétique (L. MÉNARD, Rêv. païen, 1876, p. 55). La colonne aurélienne est moins riche en représentations urbaines (...). Elle oppose (...) à la science architecturale des Romains les pauvres bourgades sarmates avec leurs cabanes rondes couvertes de paille (P. LAVEDAN, Urban., 1926, p. 183).
c) [Avec caractérisation par recours à une catégorie d'agent] [Gilliatt] était pilote né (...). Sa rare science de matelot éclata singulièrement un jour qu'il y eut à Guernesey une de ces sortes de joutes marines (HUGO, Travaill. mer, 1866, p. 76). Il se confine bientôt dans des séries de motifs et de sujets identiques (...), ne se souciant plus que d'orner ces prétextes de toute sa sensibilité et de sa science de coloriste (Arts et litt., 1935, p. 84-8).
II. — Ensemble structuré de connaissances qui se rapportent à des faits obéissant à des lois objectives (ou considérés comme tels) et dont la mise au point exige systématisation et méthode.
A. — Au sing. [Avec art. déf. (ou sans art.), sans déterm. spécifiant ou suggérant un domaine ou une catégorie de faits]
1. Ensemble de toutes les connaissances humaines systématisées. En résumé, le but de la science est partout identique: connaître les conditions matérielles des phénomènes (Cl. BERNARD, Introd. ét. méd. exp., 1865, p. 106). La science, en somme, est une construction qui tend à l'impersonnalité, mais chacun des actes de ses constructeurs est l'acte d'une personnalité (VALÉRY, Entret. avec F. Lefèvre, 1926, p. 133):
4. Ainsi fait-il de la croyance que « tout est explicable, même l'inexpliqué », la condition même de la science: « Pour la science, dit-il, une explication surnaturelle n'est ni vraie, ni fausse, ce n'est pas une explication (...) »
MASSIS, Jugements, 1923, p. 81.
(Faire qqc.) pour la science. En faveur de la science. Quand il est là, elle ne le quitte pas d'un instant, elle boit ses paroles. Et tout cela pour la science, alors? Allons donc! Ce n'est pas la science qu'elle aime, c'est le savant! (PAILLERON, Monde où l'on s'ennuie, 1869, I, 7, p. 29).
[En rapport ou p. oppos. avec d'autres systèmes de pensée ou d'action] Science et art, science et technique. La morale et la science ont leurs domaines propres qui se touchent mais ne se pénètrent pas (H. POINCARÉ, Valeur sc., 1905, p. 3). L'abus des moyens merveilleux d'agir et de sentir que la science a créés et l'industrie multipliés (VALÉRY, Variété IV, 1938, p. 151).
♦ [Avec déterm. renvoyant à une époque, une région, un groupe humain] Science ancienne, contemporaine, de demain, du temps de, moderne; science européenne, française, occidentale, d'outre-Rhin; science bénédictine, islamique, officielle. C'est le côté pratique de la science américaine, son sens du concret et de l'efficace qui l'ont inclinée à se tourner vers les aspects psychiques des phénomènes sociaux (Hist. sc., 1957, p. 1523):
5. Il y a, bien sûr, science bourgeoise et science prolétarienne, tant pis pour ceux qui rient; en biologie, le conservateur a tendance à être fixiste, le « front populaire » évolutionniste, les radicaux demeurant dans la pure tradition darwinienne, les socialistes réformistes séduits par le lamarkisme et le dialecticien communiste fatalement attiré par les Weismann, de Vries, Giard...
VAILLAND, Drôle de jeu, 1945, p. 18.
[Avec adj. poss. renvoyant indirectement à un groupe humain] Ça et là notre science moderne même donne l'impression d'approcher d'un tournant (DOEBLIN, Pages imm. Confusius, 1947, p. 39). Nous examinons le champ de leurs études [des Grecs], l'objet et les buts de leur science (Gds cour. pensée math., 1948, p. 230).
♦ [Avec déterm. évoquant une méthode ou une visée spécifique] Ensemble des connaissances humaines systématisées relevant de telle méthode ou de telle visée spécifique. Science expérimentale, matérialiste, pure; science d'observation. Aussi la science positive, loin d'interdire le doute, l'approuve-t-elle et veut-elle lui répondre (FLAMMARION, Astron. pop., 1880, p. 110). Symptômes surtout ces formes rationnelles, issues de la science appliquée (FAURE, Hist. art, 1921, p. 246).
[En fonction de déterm.]
♦ [Avec art. déf.] Avenir, découverte, méthode de la science; prince de la science. Voir l'unique rejeton de la famille entrer dans la glorieuse carrière de la science (TOEPFFER, Nouv. genev., 1839, p. 196). Le témoignage des plus grands maîtres de la science et de la pensée d'aujourd'hui (Affiche Action fr., 1908 ds Doc. hist. contemp., p. 68).
SYNT. Amour, avancement, branche, but, champ, conquête, développement, diffusion, domaine, état, évolution, exigences, idéal, limites, marche, progrès de la science; aventurier de la science.
Le monde de la science. Le domaine de la science. Il y a loin du monde de la sensation brute au monde de la science (RUYER, Esq. philos. struct., 1930, p. 290). Usuel. L'ensemble des personnes travaillant dans ce domaine. Un comité de l'énergie atomique, composé de personnalités du monde de la science et de la technique et de hauts fonctionnaires (GOLDSCHMIDT, Avent. atom., 1962, p. 75).
♦ [Sans art.] Amateur de science; objet de science. Je m'en tiens aux revues générales qui publient éventuellement des articles de science, de politique ou de philosophie, mais dont la substance ordinaire est de nature littéraire (Civilis. écr., 1939, p. 32-3). À 17 ans elle [Sophie Kovalewski] partage la soif de science de toute la jeunesse intelligente russe de l'époque (Gds cour. pensée math., 1948, p. 263).
Homme de science. Celui qui travaille dans un domaine de la science. Synon. savant, scientifique. Les conditions et le résultat quotidien du travail de l'homme de science façonnent (...) son esprit à n'attribuer une idée de progrès qu'à une idée d'invention (PASTEUR ds Travaux, 1882, p. 428). Femme de science (rare). Est-ce donc à dire, comme semble le conclure Maurice d'Ocagne dans ses Études sur les Femmes de Science et sur les Mathématiciennes, que la femme soit généralement dépourvue d'esprit inventif et de génie créateur? (Gds cour. pensée math., 1948, p. 258).
2. P. méton. Ensemble des personnes qui s'occupent de science. La science a déclaré récemment que les cheveux étaient une substance morte (BALZAC, C. Birotteau, 1837, p. 180):
6. L'attention que de nombreux savants accordent maintenant aux phénomènes parapsychologiques (...) confirme ce point de vue. La méfiance de la science à l'égard de la métapsychique (...) constitue, en tout cas, un appel à la prudence qui doit nous mettre en garde contre la crédulité...
AMADOU, Parapsychol., 1954, p. 27.
B. — Au sing. ou au plur. Ensemble de connaissances systématisées se rapportant à un même domaine.
1. [Sans déterm. spécifiant directement un domaine, une catégorie de faits]
a) [Avec art. indéf. (ou dém., indéf.) et avec ou sans déterm. ou avec art. déf. et déterm.] Classification des sciences. Il y a des sciences bonnes, dont l'existence est nécessaire à la société et la culture inutile aux esprits (JOUBERT, Pensées, t. 1, 1824, p. 456). Toute science peut être considérée sous deux angles différents, qui se recouvrent d'ailleurs partiellement et qui présentent d'étroites connexions: la science faite (ou codification du savoir), la science qui se fait (ou prolongement du savoir) (Gds cour. pensée math., 1948, p. 350).
♦ [Avec déterm. renvoyant à une époque] La chimie est née d'hier: il y a cent ans à peine qu'elle a pris la forme d'une science moderne (BERTHELOT, Orig. alchim., 1885, p. 1).
[Avec déterm. évoquant une méthode, une visée spécifique] Science abstraite, appliquée, cartésienne, déductive, expérimentale, positive, pure; science de classification, de déduction, de raisonnement, de spéculation, de synthèse. Les sciences d'observation directe qui partent régulièrement de faits particuliers et travaillent méthodiquement à les condenser en faits généraux (LANGLOIS, SEIGNOBOS, Introd. ét. hist., 1898, p. 183). La psychologie cesse d'être une science descriptive pour devenir explicative (Hist. sc., 1957, p. 1655).
Science exacte (souvent au plur.). Science qui repose sur le calcul. Ceux des citoyens dont les études antérieures auroient été dirigées vers la géométrie, ou vers les autres sciences exactes (MONGE, Géom. descr., 1799, p. 3). Les caractéristiques et l'état de l'édition spécialisée dans les principales branches des sciences exactes et des sciences humaines (Civilis. écr., 1939, p. 14-13).
♦ [Avec déterm. évoquant un rapport avec une/ d'autre(s) science(s)] Science autonome, satellite; sciences couplées. Une des sciences annexes de la photographie, appelée la sensitométrie, permet d'exprimer numériquement les différentes propriétés des émulsions photographiques (Arts et litt., 1935, p. 30-13). Je ne vois à retenir comme science auxiliaire [de l'histoire] que la partie de la philologie qui concerne la critique des textes (MARROU, Connaiss. hist., 1954, p. 112).
[Avec art. déf. et compl. déterminatif (ou adj. poss.) renvoyant à une pers. et évoquant indirectement un domaine]
♦ [Renvoyant à un/des individu(s) particulier(s)] Il sentit qu'il se remettrait avec plaisir à la science de Gall et de Lavater (G. LEROUX, Parfum, 1908, p. 62). Sur ce point la science de Cuvier paraît en retard sur celle de Buffon (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1, 1961, p. 510).
♦ [Renvoyant à une catégorie d'agents] Science des chimistes, du paléographe; sciences de l'ingénieur. La Science et la vie (1913), qui paraît tous les mois, est plus particulièrement consacrée à la science de l'ingénieur (Civilis. écr., 1939, p. 32-16). Les cybernéticiens considèrent que leur science englobe dans une même synthèse explicative la machine nerveuse et la machine artificielle (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 661).
b) Au plur. [Avec art. déf. et sans déterm.] Ensemble des sciences fondées essentiellement sur le calcul et l'observation. Académie, faculté des sciences; doctorat ès sciences; philosophie des sciences; diplômé en sciences; enseigner les sciences. Les sciences l'intéressent; il apprend la géométrie et (...) suit avec enthousiasme les premières grandes découvertes médicales (Gds cour. pensée math., 1948, p. 104). L'histoire des sciences pourrait expliquer pourquoi ces conventions d'usage de la droite ont fait de cette dernière l'image d'une multitude d'êtres de la nature (COUFFIGNAL, Mach. penser, 1964, p. 62).
[P. oppos. à d'autres activités intellectuelles] Les humanités et les sciences. Ils avoient (...) mis à part ceux qui annonçoient du génie, afin de les initier dans les sciences et les lettres (CHATEAUBR., Génie, t. 2, 1803, p. 440). Seule la création de facultés distinctes pour les sciences et pour les lettres était originale. Il était prévu pour l'ensemble du territoire (...) douze [facultés] de droit et vingt-sept de sciences et de lettres (Encyclop. éduc., 1960, p. 19).
P. méton. Personnes qui travaillent dans ce domaine, en partic. les enseignants. Derrière lui, se tient l'état-major des professeurs en toge de cérémonie: les sciences ont l'hermine orange; les humanités, l'hermine blanche (A. DAUDET, Pt Chose, 1868, p. 97).
2. [Avec déterm. spécifiant ou évoquant nettement le domaine ou la catégorie de faits]
a) [Avec déterm. adj.] Science anatomique; sciences mathématiques, philosophiques. Les sciences physico-chimiques plus simples que les sciences biologiques se dégagèrent [d'entraves philosophiques] les premières et depuis longtemps elles sont entièrement entrées dans la voie expérimentale (Cl. BERNARD, Princ. méd. exp., 1878, p. 190). Cela n'empêche pas que Schubert n'ait puisé, dans la science historique, encore très aléatoire, de son époque, une idée extraordinairement vivante de l'essence du mythe (BÉGUIN, Âme romant., 1939, p. 113).
SYNT. Science alchimique, anthropologique, astronomique, bibliographique, chimique, ethnographique, financière, juridique, médicale, paléographique, psychologique; sciences agronomiques, commerciales, économiques, géographiques, minéralogiques, philologiques, physiques.
Sciences humaines. Sciences qui ont pour objet d'étude l'homme et ses comportements. La criminologie est moins connue que les autres sciences humaines, car elle est enseignée dans les facultés de droit et non dans les facultés de lettres, comme le sont toutes les autres sciences humaines modernes (DAVID, Cybern., 1965, p. 109). Une dernière étape à franchir qui a été, au fond, l'œuvre du gestaltisme et qui constitue ce que Lewin a appelé la révolution copernicienne des sciences humaines (Traité sociol., 1967, p. 71).
Sciences morales. Sciences qui ont pour objet d'étude l'aspect moral et social de l'homme. On oppose les sciences morales aux sciences physiques (LÉVI-BRUHL, Mor. et sc. mœurs, 1903, p. 101).
Sciences naturelles. V. naturel. Sciences occultes. V. occulte. Sciences politiques. V. politique1.
b) [Avec déterm. subst. introduit par de] Science des astres, du comportement; science des cristaux, de l'hérédité, des institutions, des mœurs, des nombres, des phénomènes électriques; sciences de la matière. [L'économie politique] paraît (...) plutôt une science de faits, et pour ainsi dire empirique, qu'une véritable théorie (CONDORCET, Esq. tabl. hist., 1794, p. 58). Descripteur de quelques espèces disparues de mammifères, c'est lui qui donna à la science des fossiles son nom de paléontologie (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1, 1961, p. 514).
Sciences de l'homme (et de la société). Synon. de sciences humaines. Sciences de la nature. Synon. de sciences naturelles.
♦ [Le compl. est un adj. subst.] Science de l'animé/l'inanimé, du paranormal. L'idée étrangement séduisante d'une « science du beau », qui (...) nous ferait discerner à coup sûr ce qu'il faut aimer, ce qu'il faut haïr (VALÉRY, Variété IV, 1938, p. 239). Pour notre auteur, l'histoire se définit une science du particulier (L. FEBVRE, L'Histoire historisante, [1947] ds Combats, 1953, p. 115).
♦ [Avec de d'identification] Science de l'alchimie, de l'ethnographie, de l'informatique, de la papyrologie. Bien que la science de la physiologie soit une science difficile à pratiquer, et qu'elle demande des connaissances spéciales (TSCHEUSCHNER, Prévis. temps, 1919, p. 3). Nous allons commencer par quelques notions très simples et aussi très nettes (...) de sociologie juridique, avec des notions très simples où la science de la sociologie est aujourd'hui capable de nous donner beaucoup de renseignements (SCELLE, Fédéralisme eur., 1952, p. 2).
3. Science chrétienne (trad. de l'angl. christian science). Doctrine selon laquelle la maladie, comme le mal moral, peut être combattue par des moyens spirituels; p. méton. secte religieuse défendant cette doctrine. [Mary Baker Eddy] allait léguer le résultat des recherches spirituelles auxquelles l'avait amenée sa guérison, et fonder l'église du Christ, scientiste, établie aujourd'hui (1956) dans quarante-cinq pays, ainsi que la très importante société d'édition de la science chrétienne (Philos., Relig., 1957, p. 44-13). Le traitement médical et la science chrétienne se mélangent mal (Philos., Relig., 1957p. 44-14).
REM. 1. Scientologie, subst. fém. Église de scientologie. Secte fondée aux États-Unis par L.R. Hubbard, qui ,,propose à ses adeptes de dépasser le stade ordinaire de la conscience de soi`` et ,,recourt, pour ce faire, à toute une théorie explicative du monde et de l'homme et à des techniques prétendument psychanalytiques pour améliorer l'aptitude de ses croyants à traiter avec leurs semblables`` (Encyclop. univ. Suppl. t. 2 1980, p. 1295). Cette affaire est un des épisodes du différend qui oppose l'ex-Église de scientologie à Interpol (Le Monde, 22 mai 1981, p. 27). 2. Scientologue, subst. masc. Adepte de l'Église de scientologie. La commission de l'informatique et des libertés au secours des scientologues (Le Monde, 22 mai 1981, p. 27).
Prononc. et Orth.: []. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. [Ca 1100 science « aptitude, habileté acquise dans un domaine, une activité particulière » (Roland, éd. J. Bédier, 3003; sens incertain, Segre lit escïence et rattache ce mot à essïent dans estre de tel essïent que..., cf. éd. C. Segre, 1971, p. 534)]; 1269-78 (JEAN DE MEUN, Rose, éd. F. Lecoy, 11409); 2. a) 1119 escience « savoir, connaissance compréhensive acquise par l'étude et la réflexion » (PHILIPPE DE THAON, Comput, éd. E. Mall, 228); b) 1174-76 « le savoir humain (opposé ici aux préoccupations religieuses) » (GUERNES DE PONT-STE-MAXENCE, St Thomas, éd. E. Walberg, 2512); c) 1532 « le savoir (en tant qu'il est différent du sens moral) » science sans conscience n'est que ruyne de l'âme (RABELAIS, Pantagruel, VIII, éd. V.-L. Saulnier, p. 47); d) 1672 la science « le savoir de l'humanité dans sa recherche de la vérité ou de la compréhension de l'univers, par opposition au savoir d'un individu » (MOLIÈRE, Femmes savantes, IV, 3); e) 1751 la vraie science (D'ALEMBERT, Discours préliminaire, Encyclop., t. 1, p. XXXV); 1842 la science pure « la science pour elle-même, sans autre but que le savoir » (SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 2, p. 163); 1860 la science pure « la science fondée sur des principes rationnels et la stricte observation des faits » (FLAUB., Corresp., p. 399); 3. a) 1re moit. XIIe s. « la connaissance divine, celle que Dieu peut donner » (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, CXVIII, 66); fin XVe s. (JEAN MOLINET, Faictz et dictz, éd. N. Dupire, t. 2, p. 460: infuse en may don de grace et science); 1456 don de science (ANTOINE DE LA SALE, Jehan de Saintré, éd. J. Misrahi et Ch. A. Knudson, p. 39); d'où b) 1646 science infuse « savoir inné, connaissances qui sont un don sans avoir besoin d'être apprises » (DU LORENS, Satires, X, p. 171); 4. a) ca 1268 « ensemble, système de connaissances dans un domaine » sing. et plur. (BRUNET LATIN, Trésor, éd. F. J. Carmody, p. 19, I, III, l. 1, I, II, l. 18); 1370 science politique, science speculative, science pratique, sciences mathématiques, science naturele (ORESME, Trad. des Ethiques d'Aristote, éd. A. D. Menut, p. 130; p. 105, note 11; p. 331, note 8; p. 505, note 4); 1580 sciences humaines (MONTAIGNE, Essais, II, XII, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 559); b) 1559 les sciences « le savoir, l'ensemble des sciences » (DU BELLAY, Deffence et Illustration, I, X, éd. H. Chamard, p. 68, 1, 131); c) 1751 « ensemble, système de connaissances dans un domaine fondé sur des principes et des lois établis selon la rigueur des mathématiques et l'observation des faits » (D'ALEMBERT, op. cit., p. VI); spéc. d) 1751 sciences exactes (Ch.-P. DUCLOS, Considérations sur les mœurs, p. 247); 1787 science expérimentale (L.-S. MERCIER, Tabl. Paris, t. 5, p. 228); 1803 les sciences appelées positives (CHATEAUBR., Génie, t. 2, p. 45); 1832 les sciences expérimentales (SAY, Écon. pol., p. 15); 5. 1269-78 « connaissance claire et exacte de quelque chose » (JEAN DE MEUN, Rose, éd. F. Lecoy, 6831); 1291 de certene science « d'une façon tout à fait sûre » (Chartes de Rethel ds RUNK., p. 11); 1654 savoir de science certaine (GUEZ DE BALZAC, Les Entretiens, éd. 1657, p. 320). Empr. au lat. scientia, -ae « connaissance, savoir, connaissances théoriques ». Fréq. abs. littér.: 13 555. Fréq. rel. littér.: XIXe s.: a) 19 210, b) 22 402; XXe s.: a) 23 055, b) 15 383. Bbg. KOENIG (D.). Sen/Sens et Savoir et leurs synon. ds qq. rom. courtois du 12e et du début du 13e s. Bern-Frankfurt, 1973, p. 128, 171, 201. — QUEM. DDL t. 11, 23. — RICKEN (U.). Gelehrter und Wissenschaft im Frz. Berlin, 1961, pp. 51-84; p. 111; Zur Entwicklung des frz Intellektualwortschatzes. Wissenschaftlichen Z. der Martin-Luther-Universität. Halle, 1963, t. 12, pp. 995-997. — ZUMTHOR (P.). Note sur les ch. sém. ds le vocab. des idées. Néophilologus. 1955, t. 39, pp. 181-182.

science [sjɑ̃s] n. f.
ÉTYM. 1080; lat. scientia « connaissance », de scire « savoir ».
———
I
1 Vx ou littér. Connaissance exacte et approfondie. || La science de qqch., que qqn a de qqch. || L'arbre (cit. 48 et 49) de la science du bien et du mal. || Science de l'avenir. Prescience. — ☑ Loc. Savoir qqch. de science certaine, par des informations sûres (→ De source sûre; et énoncer, cit. 7; inonder, cit. 20). — ☑ Avoir la science infuse (au fig. Infus; et aussi sagesse.)
(1225). Littér. (La science, la science de qqn). Ensemble de connaissances, d'expériences. Savoir. || Sa science dans les choses de la vie (→ Patriarche, cit. 4; et aussi agnosticisme, cit. 1). || Il faut une science profonde pour comprendre que… (→ Poing, cit. 2). || Parler d'une chose avec science (→ Mangerie, cit. 2). Savamment.
2 (V. 1119). || La Science : connaissances étendues sur un objet d'étude, d'intérêt général (→ Nourriture, cit. 7). || L'ignorance et la science (→ Croire, cit. 29; dormitif, cit. 2). Instruction. || Le philosophe (cit. 6) possédait la science universelle. Omniscience. || « Nous meubler (cit. 2) la tête de science ». || Se dessécher (cit. 6) à force de science (→ aussi Éteignoir, cit. 3; étouffer, cit. 33).La science de qqn, sa science. || « Notre crédulité (cit. 2) fait toute leur science » (Voltaire). || Épuiser sa science (à comprendre, expliquer). → Après, cit. 56; 1. feu, cit. 16. || Un homme de votre science. Culture, érudition (→ Ravi, cit. 8).Demi-science : connaissances mal assimilées, superficielles (→ Ingurgiter, cit. 3). — ☑ Loc. Être un puits de science.
1 (…) science sans conscience n'est que ruine de l'âme (…)
Rabelais, Pantagruel, VIII.
2 C'était vraiment un homme du dix-neuvième siècle, de ce siècle qui n'a pas voulu douter du savoir souverain, de ce siècle qui a fait la sourde oreille aux avertissements de Schopenhauer et s'est plu tenacement à confondre science et sagesse.
Duhamel, Chronique des Pasquier, I, VIII.
———
II Littér.
1 (1080). Savoir-faire que donnent les connaissances (expérimentales ou livresques) jointes à l'habileté. Art; adresse, capacité, compétence, expérience. || La science d'un ministre (→ 1. Balance, cit. 30), d'un orateur, d'une couturière de Paris (→ Effilé, cit. 1).Dîner confectionné (cit. 1) avec science (→ Cuisiner, cit. 2). || Avec une science consommée (cit. 9) — ☑ Prov. Patience passe science.
3 C'est la colère même qui entretient la colère. Aussi faut-il alors agir physiquement, par simple massage, ou par changement de perceptions. L'amour maternel fait voir dans ces cas-là sa science presque infaillible, lorsqu'il promène, câline ou berce le poupon.
Alain, propos, 8 mai 1913 « Effervescence ».
4 C'était la grande minute qu'Élisabeth mettait toute sa science à provoquer pour l'interrompre.
Cocteau, les Enfants terribles, p. 103.
2 (XVe). || La science de qqch. Art ou pratique qui nécessite des connaissances, des règles. Art, technique. || La science de la guerre (→ Inculte, cit. 5), la science stratégique (→ Foi, cit. 22). || La science de l'entregent (cit. 1). || « Cette science de gueule » (→ Magistrat, cit. 1, Montaigne), la gastronomie. || « Sa haute capacité dans la science des bons morceaux » (→ Pièce, cit. 6).
5 Elle sut tout de suite toute la science du chapeau, de la robe, du mantelet, du brodequin, de la manchette, de l'étoffe qui va, de la couleur qui sied, cette science qui fait de la femme parisienne quelque chose de si charmant, de si profond et de si dangereux.
Hugo, les Misérables, IV, III, V.
6 (…) de toutes les sciences propres à assouvir ou à tromper l'inépuisable curiosité des hommes, celles de l'écurie et du chenil sont les seules qu'il possède pleinement.
France, le Crime de S. Bonnard, I., Œ. t. II, p. 343.
(Sans compl. en de). || Se priver (cit. 5), jouir (→ Exercice, cit. 9) est une science.
3 (Angl. Christian Science). || Science chrétienne. Religion fondée en 1866 par Mary Baker Eddy, selon laquelle la maladie comme le péché ne peuvent être combattus que par la foi, le refus du mal.
———
III Mod.
A Une, les sciences.
1 (XIIIe). Didact. Ensemble de connaissances ayant un objet déterminé et reconnu, et une méthode propre; domaine du savoir (opposé à art.). → 1. Logique, cit. 3; mœurs, cit. 3. || « Il n'y a de science que du général » (trad. d'Aristote). || Une science est un tout organique (→ Économie, cit. 12). || Les vérités que dans chaque science, on appelle principes (→ Base, cit. 12). || Style didactique (cit. 2) propre aux sciences. || Les éléments, les rudiments d'une science. || « Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les mœurs », sujet du « Premier Discours » de J.-J. Rousseau. || Dictionnaire raisonné des sciences, des arts (techniques et arts) et des métiers, l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, qui classe les sciences en : Sciences de Dieu, de l'homme et de la nature.La (une) science de…, qui concerne (un type d'objet de savoir). || Science de Dieu ( Théologie), de l'âme ( Pneumatique ou pneumatologie), de l'être ( Ontologie), de l'absolu ( Philosophie), du beau ( Esthétique), du bien ( Morale; éthique)… || La (une) science, qualifié par un adj. || Sciences positives (vx), par oppos. à métaphysique et théologie (→ Différencier, cit. 6). || Sciences noologiques opposé à sciences cosmologiques (Ampère). || Sciences abstraites. || Sciences occultes. Occultisme; et suff. -mancie.REM. Ces emplois qualifiés ont vieilli, du fait de la spécialisation du mot (sens 2., 3. et B., ci-dessous.) — Science des classifications. Méthodologie, taxologie, taxonomie. || « Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences », œuvre de Descartes.
7 Ainsi toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences, qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale (…)
Descartes, Principes de la philosophie, Lettre de l'auteur…
8 La seule science (la religion) qui est contre le sens commun et la nature des hommes, est la seule qui ait toujours subsisté parmi les hommes.
Pascal, Pensées, IX, 604.
9 (…) depuis que les conditions naturelles de l'existence ont été supprimées par la civilisation moderne, la science de l'homme est devenue la plus nécessaire de toutes les sciences.
Alexis Carrel, l'Homme, cet inconnu, I, VI.
2 XIXe. (Une, des, les sciences). Ensemble de connaissances, d'études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet et une méthode déterminés, et fondées sur des relations objectives vérifiables. || Homme de science (opposé à homme de lettres). || L'observation, l'expérience, le calcul dans les sciences. || La vérité est l'objet des sciences (→ Art, cit. 78). || Sciences commençantes, où l'hypothèse balbutie (cit. 10). || Essai de détermination, de classification des sciences. Épistémologie.Classement et qualification des sciences d'après leur méthode et leur objet : a) Méthode : Sciences exactes (cit. 18) ou pures, sciences mathématiques. Sciences expérimentales, où l'objet d'étude est soumis à l'expérience (→ Expérimenter, cit. 7). Sciences d'observation (dites « passives » au XIXe siècle), où l'objet d'étude est observé, puis décrit (ex. : l'ethnographie, par rapport à l'ethnologie). — Vieilli. Sciences reconstructives : sciences qui s'appuient sur des documents pour reconstruire le passé (ex. : l'histoire, l'étymologie…). — Sciences appliquées, au service de la technique (opposé à sciences fondamentales ou à sciences pures). Sciences pour l'ingénieur. b) Objet : Sciences mathématiques. Sciences physiques.Sciences naturelles, sciences d'observation qui étudient les êtres vivants (y compris l'homme en tant qu'animal et les corps dans la nature). Histoire (naturelle).Les Sciences de la vie ( Biologie). || Sciences neurologiques. Neuroscience.Vieilli. || Sciences morales : les sciences de l'homme moral (I., 5.) et social.Mod. || Sciences de l'homme, sciences humaines, qui étudient l'homme (ex. : anthropologie, psychologie, sociologie, linguistique). || Sciences cognitives.Sciences de la communication et de l'information.
9.1 « La réalité non philosophique ? La vie réelle ? N'est-ce pas justement ce dont s'occupent les sciences dites humaines ou sociales depuis plus d'un siècle (…) Sciences parcellaires, certes, elles fragmentent cette énorme réalité que la philosophie laisse hors d'elle. C'est à ces savants qu'appartient le réel. C'est d'eux et de leurs démarches que peut sortir l'unité du réel et du rationnel, à travers la fragmentation. »
Henri Lefebvre, la Vie quotidienne dans le monde moderne, p. 46.
REM. L'expression sciences humaines, aux XVIIe et XVIIIe s., désigne, par opposition à la théologie et aux sciences de la nature, les sciences du raisonnement (logique), du langage, des valeurs (morale). De nos jours, le caractère scientifique des « sciences de l'homme » (ou « sciences sociales ») est fréquemment contesté.
Sciences sociales : ensemble des connaissances et des informations sur les groupes humains.(1772, in D. D. L.). || Science politique. Fam. || Sciences po : études politiques.Science économique.
10 Non, en vérité, ce n'est pas une science comme les autres que celle qui, à la limite, pourrait changer l'organe où se fait toute science.
Jean Rostand, in G. Picon, Panorama des idées contemporaines, p. 686.
11 La Physique, comme toutes les autres sciences, cherche à constater, à classer et à interpréter une certaine catégorie de phénomènes observables. Elle repose donc essentiellement sur l'observation à l'aide des sens dont la nature nous a pourvus de certains faits constatables du monde matériel.
L. de Broglie, Physique et Microphysique, p. 88.
3 (1787). || Les sciences (sans qualification). Les sciences (2.) où le calcul, l'observation ont une grande part : mathématiques, astronomie, physique, chimie, sciences de la vie ( Savant, scientifique). || Les lettres et les sciences (→ Bifurquer, cit. 2; creux, cit. 9; matière, cit. 17), les humanités et les sciences. || Histoire des sciences. → Scientifique, cit. 3.
REM. Cet emploi, antérieur à la généralisation des méthodes scientifiques, crée un flottement dans l'usage universitaire où certaines sciences, et notamment les sciences humaines et les sciences sociales (ci-dessus) sont parfois considérées comme appartenant aux « lettres ».
11.1 Mais il pensait surtout que les sciences n'offraient quelque intérêt qu'à cette race disciplinée mais barbare, ennemie des muses et des dieux et qu'excitait chaque lundi à de nouvelles découvertes le professeur de mathématiques, parmi les odeurs empoisonnées, les explosions meurtrières des expériences qui rataient toujours, au cri sauvage et déchirant de la craie passant et repassant comme une scie dans ses démonstrations hostiles sur le tableau noir.
Proust, Jean Santeuil, Pl., p. 261.
B La science.
1 (Déb. XVIIIe). Ensemble des travaux et des résultats des sciences (III., A., 2.); connaissance exacte, universelle et vérifiable exprimée par les lois (cit. 59 à 61), qu'elle soit obtenue par hypothèse et déduction, par observation et induction ou par un « aller et retour » entre les deux. || Tout ce qui est du monde phénoménal (cit.) est du domaine de la science. || La science « organisation des apparences par un système de lois » (Lenoble). || La science analyse les apparences (→ Existentialisme, cit. 1). || La science repose sur l'observation, l'expérience ( Expérience, cit. 30; → Base, cit. 17; expérimentateur, cit. 2), s'appuie sur la mesure (cit. 1 et 2), la quantité (cit. 7 et 10). || La science est universelle (→ Constatation, cit. 1). || La science repousse l'indéterminé (cit. 4), les faits (cit. 36) sans cause, le surnaturel (→ Abstraction, cit. 10), les miracles (→ Docteur, cit. 4). → aussi Explicable, cit. 3. || Science et humanisme (cit. 3). || La « faillite (cit. 6), les limites de la science » (→ aussi Absolu, cit. 15, France; apporter, cit. 33; immoralisme, cit. 2; limite, cit. 11). || Le monde amélioré par la science (→ Esclavage, cit. 13).Les branches, les spécialités de la science : les sciences (ci-dessus III., A., 3.). Discipline (cit. 6). || Les données de la science (→ Parallélisme, cit. 3). || Découvertes, réussites de la science (→ Matérialisme, cit. 4). || Intuition et logique en science (→ Intuitif, cit. 3). || Progrès de la science (→ Invention, cit. 5; matérialisme, cit. 2). || Dans l'état actuel de la science… (→ Animal, cit. 1). || La science moderne (→ 2. Physique, cit. 2). || Les applications de la science (→ Ingénieur, cit. 3). || Serviteur, avocat (1. Avocat, cit. 17), martyr de la science. || Les princes de la science. || La science n'a pas de patrie (Pasteur; → Flambeau, cit. 13). || L'Avenir de la science, œuvre de Renan. || La Valeur de la science, la Science et l'Hypothèse, œuvres de H. Poincaré.Philosophie de la science (ou des sciences). Épistémologie.|| La vérifiabilité, la falsifiabilité, critères de la science.
12 La science vraiment digne de ce nom n'est donc possible qu'à la condition de la plus parfaite autonomie.
Renan, l'Avenir de la science, Œ. compl., t. III, III, p. 763.
13 Il est facile, en effet, de définir la science, puisqu'elle a toujours travaillé dans la même direction. Elle mesure et calcule, en vue de prévoir et d'agir. Elle suppose d'abord, elle constate ensuite que l'univers est régi par des lois mathématiques.
H. Bergson, les Deux Sources de la morale et de la religion, p. 178.
14 (…) la science antique croit connaître suffisamment son objet quand elle en a noté les moments privilégiés, au lieu que la science moderne la considère à n'importe quel moment.
H. Bergson, l'Évolution créatrice, p. 330.
15 On fait la science avec des faits, comme on fait une maison avec des pierres; mais une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison.
Henri Poincaré, la Science et l'Hypothèse, p. 168.
15.1 Dans l'histoire du développement de la physique, on distingue deux tendances inverses. D'une part, on découvre à chaque instant des liens nouveaux entre des objets qui semblaient devoir rester à jamais séparés; les faits épars cessent d'être étrangers les uns aux autres; ils tendent à s'ordonner en une imposante synthèse. La science marche vers l'unité et la simplicité.
D'autre part, l'observation nous révèle tous les jours des phénomènes nouveaux; il faut qu'ils attendent longtemps pour leur place et quelquefois, pour leur en faire une, on doit démolir un coin de l'édifice. Dans les phénomènes connus eux-mêmes, où nos sens grossiers nous montraient l'uniformité, nous apercevons des détails de jour en jour plus variés; ce que nous croyions simple redevient complexe et la science paraît marcher vers la variété et la complication.
Henri Poincaré, la Science et l'Hypothèse, p. 202.
16 La pensée ne revêt le caractère de la science que lorsqu'elle a une valeur universelle (…) Je veux dire qu'une connaissance n'est scientifique qu'autant qu'elle est valable pour tout esprit. À la science s'oppose l'opinion et même la croyance collective si elle est dépourvue des moyens de se rendre universelle.
Goblot, Système des sciences, 15, in Foulquié, Dict. de la langue philosophique, art. Science.
17 Pour la science, la cause d'un phénomène ne sera plus jamais un en-soi métaphysique qui « l'engendre », selon la vieille métaphore biologique d'Aristote, mais un autre phénomène qui se trouve lié à lui par un rapport constant (…) Car dès lors (au XVIIe s.) il vaudra d'appeler science la connaissance de ce qui, pour Platon, n'était qu'une ombre. À l'origine de la notion technique de phénomène, il y a donc une « valorisation » affective des apparences et un certain renoncement à « l'en-soi ».
R. Lenoble, Origines de la pensée scientifique moderne, in Encycl. Pl., Histoire de la science, p. 501-503.
2 Par métonymie. Les savants, l'ensemble des scientifiques (B.). || Le monde de la science. || Étonner la science par une nouvelle synthèse (→ Incorruptible, cit. 3).
tableau Noms de sciences et d'activités à caractère scientifique.
CONTR. (Des sens I et II) Ignorance, inscience, impéritie, nescience, nullité; maladresse.
COMP. Inscience, métascience, neuroscience. Toute-science. V. Nescience.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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